Je me souviens encore du moment où j’ai décidé que j’allais acheter un appartement en Italie. Pas « un jour peut-être », non : vraiment maintenant. J’étais installée à Milan depuis peu, j’avais envie de me challenger, de me prouver que je pouvais recommencer de zéro dans un autre pays… et, soyons honnête, j’avais surtout repéré des prix d’appartements vraiment intéressants.
Pourquoi Turin
J’ai choisi Turin parce que c’est une ville qui a tout pour plaire : belle, vivante, et encore largement abordable pour les investisseurs. Et surtout, je vis ici, donc autant connaître le marché local de l’intérieur. Mon choix s’est arrêté sur le quartier de Cenisia, un coin tranquille mais central, à deux pas du Politecnico, l’université d’ingénierie. Autant dire que le potentiel locatif étudiant est au rendez-vous.
Je voulais un petit bien, simple à gérer, qui puisse intéresser les étudiants français en Erasmus. L’idée : leur offrir un logement avec une propriétaire francophone, une location « clés en main » avec un peu plus de confort que les chambres standard, et la possibilité d’échanger avec un propriétaire qui comprend ce qu’on dit.
La chasse au bien (et les surprises culturelles)
Je me suis donc lancée sur les sites d’annonces immo, à fouiller les « monolocali » (studios) et « bilocali » (T2) en ligne. À Turin, on trouve encore des biens sous les 50 000 €. Oui, oui, cinquante mille.
Après plusieurs visites, j’ai repéré un T2 affiché à 45 000 €. Charmant, bien placé, mais un peu dans son jus (et par « dans son jus », j’entends : peinture bleue partout sur les murs, salle de bain décrépie et toilettes à moitié sur le balcon). Je fais une offre à 42 000 €. Bonne nouvelle : elle est acceptée ! Mauvaise nouvelle : le vendeur me demande de régler 10 000 € en liquide.
Je suis restée polie, mais intérieurement, j’étais mitgée. Un quart du prix en cash, quoi. C’est typiquement le genre de choses qu’on apprend vite à connaître en Italie : certaines pratiques « flexibles » qu’on ne voit plus trop en France. J’ai dit non. Et j’ai continué mes recherches.
Finalement, je tombe sur un studio affiché à 35 000 €. Bien orienté, bon emplacement, et cette fois, pas de liquidités douteuses à prévoir. Je fais une offre à 32 000 €, elle est acceptée sans discussion. Banco.
Le financement à la sauce franco-italienne
Côté budget, l’agent m’annonce direct que son courtier lui a confirmé qu’il n’y avait pas de possibilité de financement pour les étrangers… Bon, go pour le plan B : j’avais une enveloppe de 20 000 € issue de la vente de mon parking à Paris. J’ai donc opté pour un crédit conso en France, plus rapide et sans prise de tête.
J’ai acheté le bien en tant que résidence principale, ce qui m’a permis de réduire les frais d’acte (environ 900 €). S’ajoutent 4 000 € de frais d’agence, soit un total de 38 000 € environ pour l’achat. Petit bonus : l’appartement était déjà loué, à 330 € par mois. L’agence savait que je voulais le mettre en location, et m’a proposé de conserver la locataire en place le temps que je prenne mes marques. Résultat : les loyers ont commencé à rentrer dès la signature. Et ça, pour un premier projet à l’étranger, c’est très, très rassurant.
Travaux, déco et location étudiante
Un an plus tard, la locataire a quitté le logement. C’était le moment parfait pour fraîchir et meubler le studio à mon goût, ou plutôt à celui de mes futurs locataires. Rien d’extravagant : environ 3 000 € de rénovation et d’ameublement, entre peinture, mobilier, et quelques touches de déco (mon côté designer d’intérieur).
Je l’ai ensuite remis en location à 400 € par mois hors charges, et il a été loué en continu. Aucune vacance locative. Et quand je dis aucune, c’est vraiment zéro jour. Jusqu’à ce que je décide, l’année dernière, de le récupérer… pour y vivre moi-même.
Ce que j’ai appris
Avec le recul, ce projet m’a énormment appris, autant sur le plan immobilier que personnel.
Première leçon : bien cibler la zone en fonction du locataire idéal. Un quartier étudiant, c’est la garantie d’une demande stable et d’une rentabilité sereine.
Deuxième leçon : anticiper les démarches et les frais annexes. Même si le processus est proche de celui de la France, il y a toujours des subtilités locales.
Troisième leçon : ne jamais hésiter à négocier. Comme en France au final, les vendeurs italiens s’attendent à une marge de discussion, et ça fait partie du jeu.
Mais au-delà de ça, ce projet m’a surtout apporté une confiance énorme. La preuve qu’on peut investir à l’étranger, sans tout savoir à l’avance, en apprenant sur le tas et en s’adaptant.
Et la suite ?
Ce premier achat m’a ouvert l’appétit. Depuis, j’ai continué à investir en Italie, à explorer d’autres stratégies, d’autres quartiers, d’autres manières de créer de la valeur. Et surtout, il m’a donné envie d’aider d’autres Français à se lancer, en toute sérénité, dans cette belle aventure italienne.
Si je devais donner un seul conseil à ceux qui hésitent encore : entourez-vous. Posez des questions, informez-vous, échangez avec ceux qui l’ont déjà fait. Et surtout, osez. Parce qu’au final, ce n’est pas seulement un investissement immobilier : c’est un pas vers une vie un peu plus libre, un peu plus audacieuse.
➡️ Pour aller plus loin :
Mon parcours d’investisseuse en France
Acheter un bien aux enchères en Italie : comment j’ai fait et ce que j’ai appris
Investir à Turin : pourquoi cette ville attire de plus en plus d’investisseurs français